au bonheur des lévriers

mercredi 19 novembre 2014

L'Automne en Corrèze



Ce n'était plus l'été indien en Corrèze bien sûr, en cette mi-novembre, mais dans les bois enchantés de Gimel-les-cascades, n'était le tapis de feuilles mortes, on aurait pû se croire au printemps le 11 novembre au matin tant les rayons du soleil filtraient doux au travers du feuillage claisemé...



Ruine de l'église St Etienne de Raguse
Chandigarh, Prince of Woods

La Montane à Gimel
J'y vais ? J'y vais pas ?

Au Suc au May en revanche, aucune confusion possible, la sonate d'automne en roux majeur jouait allegro.






La Pierre aux Druides , Treignac


Sous l'arc-en-ciel, Ruben


jeudi 7 août 2014

Hadjar miraculé Hadjar sacrifié



Chers amis des lévriers, j'ai appris une bien triste nouvelle cette semaine : Hadjar n'est plus de ce monde.

Si vous suivez ce blog vous vous souvenez certainement de mon petit protégé de Strasbourg.
A l'automne 2012 j'avais répondu aux appels à l'aide de Vanessa, sa propriétaire, qui avait besoin de soutien, d'argent et de conseils pour soigner son jeune whippet paralysé de l'arrière train suite à une collision.
Vous aviez été nombreux à faire des dons, et grâce à votre mobilisation Hadjar a pu bénéficier de soins appropriés et a rencontré des personnes dévouées qui l'on accueilli ponctuellement chez elles.
Malheureusement, la propriétaire d'Hadjar s'est montrée indigne de votre soutien et a trahi notre confiance puisqu'elle a fini par faire euthanasier Hadjar le 13 juin 2014 , alors qu'il était complètement rétabli : plus de plaies, une motricité satisfaisante récupérée grâce aux séances de physiothérapie.




A dire vrai, Hadjar a bouleversé la vie de certains d'entre nous. Pour le meilleur et pour le pire.
Je n'ai jamais rencontré physiquement Hadjar mais un lien indéfectible me reliait à lui.

Quand les marraines qui gardaient Hadjar se sont rendues compte de la négligence et des mauvais traitements qu'il endurait, quand sa propriétaire a annoncé sur un forum en mai 2013 qu'elle allait le faire euthanasier si aucune famille d'accueil ne voulait le prendre en charge, un point de non retour était atteint dans nos relations avec la propriétaire d'Hadjar et il était hors de question de cautionner cette personne. Pourtant, il fallait essayer de protéger Hadjar, hors de question pour moi de le laisser tomber.

 
 Jacqueline, une adoptante de plusieurs lévriers confiés par le CREL (http://www.crel.fr/) , s'est proposée comme famille d'accueil. La propriétaire d'Hadjar s'est satisfaite de cette garde gratuite et providentielle qui l'a soulagée de son chien pendant 4 mois ! Jacqueline a pris soin du petit père avec amour et abnégation, n'hésitant pas à se lever la nuit pour le changer car il souffrait toujours d'énurésie. Le plaies à vif d'Hadjar se sont refermées grâce aux bons soins de Jacqueline qui rêvait de l'adopter.


Hélas les grandes vacances d'Hadjar se sont achevées dans le drame et les larmes.
Sa propriétaire a organisé une véritable opération-commando surprise le 11 novembre 2013. Elle s'est présentée au portail de Jacqueline escortée des gendarmes, d'un éducateur-canin-ostéopathe aux méthodes douteuses, d'amis filmant la scène et intimidant Jacqueline en se faisant passer pour un "homme de loi".
Comment résister à cette pression ? Jacqueline, acculée et bouleversée a remis Hadjar la mort dans l'âme à ces personnes.
Le CREL a dans la foulée engagé des poursuites contre la propriétaire d'Hadjar pour tenter de mettre ce dernier en sécurité. Début décembre 2013, la brigade canine de Strasbourg a saisi Hadjar après avoir constaté son mauvais état sanitaire à domicile. Malheureusement, après un séjour éclair à la SPA de Strasbourg, Hadjar a été restitué à sa maîtresse qui n'a écopé que d'un rappel à la loi.
Cet épisode a eu le mérite d'obliger la propriétaire d'Hadjar à le soigner correctement comme en témoigne le blog qu'elle a créé pour la galerie : http://hadjar.over-blog.com/top

Insatisfaits par la réponse judiciaire au dossier d'Hadjar, nous étions tout de même rassurés par le droit de regard qu'elle comptait exercer sur Hadjar.
Nous avons baissé la garde.
Les semaines, les mois, sont passés, les nouvelles que nous parvenions à obtenir d'Hadjar étaient plutôt bonnes, jusqu'à ce que nous réalisions fin juillet qu'Hadjar avait disparu avant que sa maîtresse ne parte en Hongrie.
Nous pressentions le pire et le pire a été découvert à l'issue d'une enquête de la brigade canine diligentée par Jacqueline : Hadjar a été euthanasié dans une clinique allemande, sans qu'aucune personne ayant connaissance du projet mortifère de sa maîtresse ne lève le petit doigt pour le sauver.
Alors même que plusieurs personnes dont Jacqueline auraient pu l'adopter et le rendre heureux.

Je méprise profondément l'arrogance de ces personnes sans coeur qui exercent avec un cynisme absolu leur droit de vie et de mort sur l'animal qui leur a offert confiance et amour inconditionnels.

Maudite soit la Médée qui a assassiné son chien
Maudits soient les Judas qui l'ont abandonné à son sort



mercredi 2 juillet 2014

Retour à Brocéliande

La Fontaine de Barenton vue par le photographe-libraire de La Maison des Sources à Tréhorenteuc


Le Miroir aux Fées




L'été dernier mon bref séjour en Bretagne s'était achevé par une balade organisée par Armelle en pays de Brocéliande, au Val sans Retour. Je m'étais promis d'y revenir afin d'avoir le temps de découvrir cette forêt enchanteresse.
J'ai donc loué un gîte pendant une semaine au village de Tréhorenteuc, porte d'entrée du Val sans Retour.
J'avais mis une balise GPS à Chandigarh de peur de le perdre, mais il ne s'est jamais sauvé, profitant joyeusement de la liberté que je lui offrais en compagnie de la meute.

 

























L'Arbre d'Or













    Notez que je parle de Brocéliande et non de forêt de Paimpont, ayant bien conscience de fouler une terre elfique à tout jamais marquée par la légende arthurienne, une terre où , depuis des siècles, les pierres content et l'eau chante les mêmes histoires de fées et de chevaliers.
C'est donc sur les traces d'Yvain, de Lancelot, de la Dame du Lac et de l'Enchanteur que j'ai guidé mes pas.







                    Le Jardin aux Moines et le Tombeau de Merlin






















Pour la deuxième semaine de mes vacances je gagnai Fréhel sur la côte d'Emeraude et profitais du temps au beau fixe pour arpenter les plages sauvages d'Erquy et la lande illuminée par la bruyère et les ajoncs.


































Bien sûr ma semaine à Fréhel était l'occasion d’honorer le rendez-vous annuel avec la Saluki Family basée en Bretagne. Fétiha a retrouvé avec joie tonton Chiraf  et tonton Chehab ainsi que les cousins whiwhi...






  


Vous en voulez encore ? Allez, toutes les photos dans ce diaporama :






dimanche 25 mai 2014

NAMASTÉ CHANDIGARH !






Le voilà enfin à la maison mon saluki de Dubaï ! Après 4 mois d'attente incertaine pleine de rebondissements, il fait désormais partie de ma meute.




Il s'appelait Namoos, il m'a plu tout de suite bien qu'il semblait fort peu à son avantage sur les trois misérables clichés que j'avais à ma disposition sur l'album d'ASCOD.






Avouez qu'il fait plus pitié qu'envie dans cette cage de la clinique Zabeel !

En plus, je le voyais grizzle, alors qu'en fait il est fauve charbonné.
De lui je ne savais pratiquement rien et je n'ai obtenu que de maigres informations à l'arrache... C'est un jeune chien trouvé, donc abandonné, timide, positif à l'erlichiose et, ouf, OK chats ! Il ne m'en fallait pas plus pour faire ma demande d'adoption bien qu'on m'ait prévenu que l'attente se compterait en mois avant que l'on trouve un"flight buddy" acceptant de le ramener en France.
En attendant, je regarde tous les jours sa photo, lui commande de beaux colliers, un manteau rouge, recherche de mon côté des personnes susceptibles de voyager au Moyen-Orient.
Et puis, je le rebaptise. Après avoir penché pour Namasté, la salutation hindie et népalie qui présente l'avantage de conserver la première syllabe de son nom et de signifier "je salue le divin qui est en toi" , je choisis finallement Chandigarh.
Chandigarh est la nouvelle capitale du Penjab en Inde, au pied de l'Himalaya, entièrement dessinée par Le Corbusier. J'y ai fait étape en fin de trek au Zanskar, je n'ai rien vu de l'oeuvre improbable de l'architecte fada mais je me souviens d'un fou rire mémorable en écoutant l'orchestre indien de l'hôtel interpréter des tubes français des années 70...En fait, Chandigarh m'évoque avant tout un roman d'amour envoutant écrit par Tarun Tejpal paru en 2005 :



Mais revenons à notre loulou. T.,seule maîtresse à bord d'Ascod, m'annonce qu'elle a trouvé une flight buddy à destination de Toulouse pour début avril. Non, mi-avril. Chouette, je m'organise pour accueillir mon saluki dans de bonnes conditions, pose 15 jours de vacances à Pâques dans le sud-ouest afin de pouvoir aller le chercher à l'aéroport de Blagnac. La date approche, je presse T. et H. de questions mais n'obtiens aucune confirmation. Le voyage n'aura pas lieu : la flight buddy en repousse sans arrêt la date et ne réserve jamais.
Je pousse un coup de gueule sur FB car je déplore le manque de communication et d'organisation d'Ascod. Le manque de respect vis à vis des adoptants qui attendent dans l'incertitude et l'ignorance. J'ai réclamé de nouvelles photos qu'on m'a promises et que je n'ai jamais eues... Je m'inquiète dans l'après-coup lorsque j'apprends par une indiscrétion de H. que Namoos/Chandi  a été retiré en catastrophe de sa famille d'accueil après une tentative d'empoisonnement ! Retour à la case chenil royal , là où il fait de plus en plus chaud, là où aucune femme ne peut entrer.
Grâce aux communications de Rachel , je saisis que Chandi attend, las et résigné, qu'il est replié sur lui-même, effrayé par les cris des hommes en blanc qui gèrent le chenil sans ménagement...
C'est alors que je prends la décision d'aller le chercher moi-même à Dubaï.
Ici entre en jeu la "Italian Connection" à la tête de laquelle oeuvre La Marraine, Luisa, qui va tout faire pour m'aider à sortir Chandi de là. Luisa active un réseau d'amies connectées entre l'Italie et Dubaï : Silvia B., Federica, Silvia G se mobilisent afin de mettre Chandi en sécurité avant qu'il ne lui arrive malheur. Car  je vois rapidement se profiler 2 dangers : qu'il soit envoyé à Barhein, qu'il reste inadoptable à cause de papiers incomplets et dépérisse au chenil. D'ailleurs Federica et Silvia sont alarmées par son état de maigreur et d'apathie lorsqu'elles lui rendent visite à la clinique vétérinaire.

Je ne peux prendre le risque de réserver mon billet d'avion à moins d'être sûre de repartir avec mon chien. Or
T. refuse de me montrer ses papiers malgré mes demandes insistantes. Plus elle s'entête et se dérobe, plus je suis certaine qu'elle cache quelque chose de louche, et, n'ayant plus aucune confiance en elle, je charge Silvia de récupérer Chandi avec ses papiers au plus vite. Suspens insoutenable d'un weekend de mai au cours duquel la garce joue avec nos nerfs, menaçant d'annuler l'adoption, traitant Silvia avec arrogance et mépris.
La Italian Connection reste mobilisée dans l'intérêt du chien et nous faisons des débriefing par Skype et wassup pour convenir de la meilleure stratégie à adopter.
Imaginez mon soulagement lorsqu'enfin Silvia nous annonce que Chandi est chez elle avec son carnet de vaccination à peu près conforme !
Adorable Silvia G. Elle s'est occupée de Chandi avec douceur, amour et dévouement. Je lui suis très reconnaissante. Chandi qui était pourtant très méfiant et craintif a tout de suite fusionné avec elle.


















D'ailleurs quand je suis arrivée à Dubaï dans le studio de Silvia le soir du 16 mai 2014, mon Chandi m'a fait la gueule ! J'étais une intruse qui faisait irruption dans sa bulle...


Noli me tangere !

Bon ben, je l'ai laissé tranquille, surtout pas de papouilles, juste ma présence à ses côtés.

A Dubaï, nous n'avions que 2 jours pour accomplir les formalités nécessaires au rapatriement de Chandi. Silvia avait déjà gagné du temps avec la visite médicale et la délivrance du certificat d'entrée dans l'UE. Il ne nous restait plus qu'à obtenir le permis d'exportation au village cargo. Je m'en faisais une montagne, cela s'est avéré simple et rapide. Qu'aurais-je fait sans Silvia ? Encore merci à elle qui n'a pas compté le temps et l'énergie qu'elle a consacrés à Chandi.
De Dubaï, je n'ai rien vu d'autre que Motor City, aucune envie de faire du tourisme ! Juste souffler après ces jours de stress intense et me préparer au voyage, que j'appréhendais.




Et comme rien n'arrive pas hasard, Silvia a fait la connaissance de Sonia, expatriée Italienne comme elle et adoptante de 2 salukis rescue. Nous avons baladé nos kikis ensemble et passé une soirée agréable à ne parler que de nos chiens.










La suite, vous la connaissez par les partages FB. La flight buddy c'était moi à présent : j'avais la responsabilité d'acheminer 3 salukis à bon port jusqu'à Nice ; Dana et Zafran étant adoptés en Italie.
A l'aéroport de Dubaï, j'étais super stressée  car trois personnes s'adressaient à moi en même temps en anglais pour me dicter les formalités à accomplir pour enregistrer les chiens.Ceux-ci étaient déjà enfermés dans les vari kennels et avaient peine à garder leur équilibre. Allez comprendre quelque chose dans ce pays : les faucons sont autorisés en cabine sur les vols Emirates mais les salukis sont interdits dans l'aéroport !...

A gauche  Petra de Sos for emirates dogs, à droite Kimberly d'Ascod


Je redoutais aussi l'escale de 3 heures et demie à Amsterdam où les chiens seraient sortis des caisses par des inconnus. Nuit quasi blanche dans l'avion : il faut dire qu'ils vous servent un petit déjeuner à 4 heures du matin !
Evidemment, à Schiphol, impossible d'avoir des nouvelles malgré ma requête, je me suis donc contentée de guetter l'embarquement des chiens :







Et enfin l'arrivée à Nice où attendaient Massimo et son compère de l'association Our Second Chance Rescue Italy levés dès potron minet. Le jeune douanier a été très sympa de les laisser accéder à la zone de bagages pour m'aider à récupérer les chiens.


Scia' et Dana


A présent Dana est heureuse chez Mino et Paola à Brescia en compagnie d'une autre salukia. Quant à Zafran, il est à Florence mais je n'ai pas de nouvelles.





Mon loulou à moi s'adapte chaque jour davantage à son nouvel environnement, visiblement très heureux d'avoir intégré une meute de lévriers. Sa vraie nature de grand bébé se révèle au fur et à mesure que ses inhibitions cèdent : ce matin pour la première fois il sautait de joie lorsque j'ai mis les colliers pour la balade, alors que jusqu'à maintenant il freinait des quatre fers pour sortir. Bientôt, ça va déménager à la maison !

A suivre...